Partons ensemble à la découverte du village d’Arêches, situé à 1080 m d’altitude, dans un paysage où la montagne impose sa présence à chaque instant.
On est au cœur du Beaufortain, ce massif caractérisé par des vallées profondes et des sommets rocheux, dont le Grand Mont (2687m) domine le panorama. Ce massif n’est pas seulement un décor : il structure les déplacements, les échanges et même la façon dont les habitants ont construit leur village. C’est un territoire où l’eau a toujours joué un rôle essentiel, que ce soit pour l’agriculture, l’élevage, l’artisanat ou les mines.

Un village façonné par la montagne et l’histoire

Ce qui est fascinant à Arêches, c’est de comprendre que le village ne s’est pas construit « par hasard ». Il est né d’une relation étroite avec la montagne : l’alpage, l’exploitation des ressources naturelles, l’organisation des saisons et plus tard l’exploitation minière. Et c’est justement ce mélange d’histoire paysanne et industrielle qui a donné à Arêches son caractère.

Au départ, Arêches n’était qu’un hameau dépendant de Beaufort. Mais l’exploitation des ressources a entraîné une croissance de la population et une volonté d’autonomie. En 1611 un prêtre est installé sur place encore sous l’autorité du curé de Saint-Maxime, puis en 1803 une paroisse indépendante est crée: la paroisse Saint-Jean-Baptiste afin de permettre aux habitant d’Arêches de se rendre à la messe dans leur propre village. L’église devient alors un symbole fort de cette identité locale.

Le village se lit comme un livre : architecture, greniers et solidarité

En se promenant, on découvre deux mondes : le « sommet » du village plus ancien et le « fond » plus industriel. Le sommet est le cœur historique, construit autour d’une chapelle datant de 1660. C’est là que l’on retrouve l’architecture traditionnelle, avec des maisons serrées, des ruelles étroites et ce sentiment de village paysan.

Le fond du village, lui, s’est développé autour de la fonderie, une activité artisanale importante au XVe siècle, qui laisse encore aujourd’hui ses traces dans la structure du village et dans l’organisation des quartiers.

Chapelle du village d'Arêches
Village enneigé, avec un grenier Savoyard en arrière-plan

Et puis il y a les greniers, ces petites bâtisses en bois, typiques de la région, qui donnent tout de suite ce sentiment d’authenticité. Ils sont construits en madriers d’épicéa, posés sur des caves en pierre et servent à protéger les richesses de la famille : grains, fromage, linge, argent… Une construction simple, mais incroyablement efficace, qui résume parfaitement l’esprit montagnard : faire avec un peu, mais faire bien.

Ce qui frappe aussi, c’est cette idée de solidarité. Construire en montagne n’est pas une affaire individuelle : il fallait s’entraider, se prêter la main. L’habitat et l’organisation du village témoignent d’une vie collective forte, où la communauté était indispensable.

L’eau, la pierre et le bois : les matériaux du village

A Arêches, tout est construit pour durer. Les maisons sont en pierre à la base, avec des étages en bois. Les toits sont solides, conçus pour résister aux hivers. On comprend vite que l’architecture est une réponse aux contraintes de la montagne : froid, neige, vent.

On découvre aussi un élément très concret de la vie collective : le bachal, ce bassin en pierre (charpente daté de 1913) divisé en 2 qui servait d’un côté à l’eau potable, et à laver le linge et de l’autre à abreuver le bétail.

Traditionnellement, le bachal est ouvert sur le Sud (pour profiter du soleil) et fermé de l’autre côté (pour se protéger du froid).
C’est un détail, mais il raconte énormément : l’eau était rare, précieuse et la vie du village s’organisait autour de sa gestion

Le bachal : un "bassin" en patois savoyard

Les mines : le côté secret et industriel d’Arêches

Ce qui surprend souvent les visiteurs, est d’apprendre qu’Arêches a aussi une histoire minière importante. L’exploitation du charbon, notamment l’anthracite, a marqué le village pendant plusieurs siècles et a transformé la vie locale.

La mine a connu son apogée au XXe siècle (1919) : à l’époque une trentaine d’ouvriers y travaillaient dans des conditions difficiles. Le charbon servait aux fours à chaux, aux forges et à la fusion du cuivre et du plomb. Cette activité a aussi permis à des jeunes du village d’éviter le service du travail obligatoire (1943) pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’exploitation de la mine cesse en 1951. Aujourd’hui, il reste les traces, les galeries, l’histoire. Et c’est justement ce mélange d’industrie et de tradition qui rend aujourd’hui Arêches si particulier.

L’église Saint-Jean-Baptiste : un bijou baroque au cœur du village

L’église du village est un exemple d’art baroque savoyard : sobre à l’extérieur, riche à l’intérieur. Retables, statues, tableaux, fresques et dorures… l’ensemble donne une impression de lumière et de chaleur, comme le village avait voulu apporter un peu de grandeur dans un environnement rude.

C’est un passage incontournable pour comprendre la spiritualité et la culture locale.

Extérieur de l'Eglise Saint-Jean-Baptiste
église Saint-Jean-Baptiste
Intérieur de l'Eglise
Intérieur de l’église
Représentation de Saint Guérin
Représentation de Saint Guérin

Le ski : une modernité qui respecte l’identité du village

Le ski arrive au XXe siècle, d’abord via le service militaire, puis grâce aux pionniers locaux et aux premières compétitions. La station née en 1947 : le tourisme d’hiver se développe progressivement avec les premiers téléskis et télésièges, et continue tout au long des années 80-2000 jusqu’à sa modernisation récente (Noël 2019: télécabine de Bois qui permet de relier les deux secteurs).

Mais Arêches a su garder son authenticité. La montagne a évolué avec son temps, sans effacer la mémoire du village.


Parce que Arêches se mérite. Ce n’est pas seulement un spot pour prendre des photos : c’est un village vivant, où chaque pierre, chaque ruelle, chaque détail raconte une histoire. Vous ne venez pas seulement voir un village : vous venez comprendre comment la montagne façonne une culture, des traditions et un mode de vie.

Visite du village d'Arêches

Laissez-vous surprendre par Arêches en réservant votre visite guidée avec notre guide Pascaline


Plus d'articles

#Actualités

François D’Haene, sa vie courante

François, chez nous, c’est ce grand type tout simple qui amène ses enfants à l’école à vélo.Il vit ici à l’année, avec Carline, Sarah, [...]

#Actualités

4 bonnes raisons de visiter la Coop de Beaufort

Le fromage Beaufort, véritable trésor de notre territoire, incarne l’authenticité, le savoir-faire, et la tradition ancrés dans les montagnes. [...]

#Actualités

La Fête d’Arêches à travers leurs yeux

60 ans de mémoire vivante, de transmission et de joie partagée. Les 9 & 10 août 2025, Arêches célèbre la 60e édition de sa fête [...]